09/02/2025

Manque de transparence sur les chiffres alarmants des agressions aux couteaux

Manque de transparence sur les chiffres alarmants des agressions aux couteaux

Divulguer ses sources, et citer ses sources, sont deux choses fondamentalement différentes.

Dans le premier cas, l'information donnée par la source est privée, et la source peut vouloir rester anonyme.

 

Elle est notamment protégée par la loi de 1881, renforcée en 2010 (9).

Dans le second cas, l'information donnée par la source est publique, et elle doit obligatoirement être citée.

 

Surtout quand il s’agit des chiffres « alarmants » et du nombre d'attaques au couteau par an qui est faux.

Selon la Charte de Munich (1) et face à ce manque de transparence notoire, les enquêtes journalistiques doivent suivre des règles éthiques strictes, avec un recours à des preuves vérifiables (documents, témoignages croisés), afin que le lecteur puisse vérifier.

En France, certains médias privilégient un style narratif où les informations sont présentées comme des « faits établis » par la rédaction, sans toujours détailler les sources.

 

Cela repose sur une présomption de crédibilité accordée à des institutions (comme l'AFP, des syndicats, des ministères, des témoignages ou des « experts » reconnus).

Un témoignage n’est pas une preuve

En droit français (2), un témoignage peut être utilisé comme moyen de preuve, mais il ne constitue pas une preuve à lui seul. Il doit être corroboré par d'autres éléments de preuve pour avoir une réelle valeur.

C'est exactement la même chose dans les médias : la charge de la preuve revient à celui qui affirme (*). 

 

La qualité de l’information ne peut être garantie par le seul respect de règles déontologiques, si le respect de celles-ci est soumis à des conditions de production de l’information qui incitent à les transgresser en permanence (3).

Pourtant, l’utilisation de témoignage dans des articles sans aucune source vérifiable est devenue la norme.

Le nombre d'armes blanches et les agressions ?

Selon Linternaute : « De plus en plus d'agressions au couteau en France, des chiffres effrayants » (4) en affirmant sans preuve qu’ « Entre 2023 et 2024, le nombre d'armes blanches saisies est passé de 6 000 à 6 500 selon les chiffres de la préfecture de police. Soit une augmentation de 9 % en douze mois. »

 

Est ce que 500 saisies supplémentaires sur 68 590 266 millions de personnes majeurs en France (8) représente un phénomène alarmant en soi ? Cela reste discutable.

Il est nécessaire de rappeler :

  • Qu’il n’existe pas de catégorie statistique spécifique dédiée au couteau en France.
  • Les statistiques officielles ne sont fournies que par l’INSEE.
  • « Une arme blanche est une arme tranchante, perforante ou brisante dont la mise en œuvre n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion, et ceci qu'elle soit constituée de bois, de pierre, d'os, d’arête, de métal ou de matériaux composites » (5).

Rien à voir avec les couteaux.

Les chiffres des journalistes sont faux

Selon TF1 Info (6) :

  • « En 2024, 10.397 attaques au couteau ont eu lieu en France, et 130 dans les seuls collèges et lycées de la région parisienne. »
  • « Tout le monde a un couteau. On a une banalisation du port et de l'usage des armes blanches. Nos collègues sont confrontés tous les jours à des affrontements entre jeunes, de plus en plus fréquents. »
  • « Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), voilà maintenant dix ans que, proportionnellement, les attaques à l’arme blanche, avec un taux de 34 %, sont les agressions les plus fréquentes dans l’espace public... ».

Ce sont encore et toujours les mêmes ressorts journalistiques qui sont utilisés :

  • Aucune source n’est citée.
  • Un témoignage qui fait office d’autorité (porte-parole du syndicat Alliance).
  • Un mélange entre l’utilisation des armes blanches et les couteaux.

Les chiffres sont faux, car ils ne peuvent être prouvés. Il n’y a, de plus, aucune trace dans les sources officielles (7).

Pression économique et concurrence

Les médias traditionnels sont confrontés à une baisse des revenus publicitaires et à la concurrence des plateformes numériques, ce qui peut incite à privilégier le « clic » au détriment de la rigueur journalistique.

La réduction des effectifs dans les rédactions, entraîne moins de temps pour vérifier les sources ou approfondir les sujets.

L’air du temps réel (réseaux sociaux, chaînes d’info en continu) pousse à publier rapidement, parfois sans vérification, augmentant les risques de désinformation ou d’erreurs.


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