01/04/2025

Est-ce que les agresseurs au couteau sont toujours des hommes ?

Est-ce que les agresseurs au couteau sont toujours des hommes ?

L'imaginaire collectif associe souvent les actes de violence impliquant un objet tranchant à des auteurs de sexe masculin.

Films, faits divers relayés par les médias... Cette représentation est tenace. Mais qu'en est-il réellement ?

Les statistiques et les études scientifiques confirment-elles cette perception ?

L'analyse des recherches disponibles démontre clairement que les actes violents impliquant des objets tranchants comme les couteaux ne sont pas l'exclusivité d'un sexe particulier.

Si les statistiques peuvent révéler une surreprésentation masculine dans certains contextes, les études rigoureuses montrent que la réalité est bien plus complexe.

Les différences observées entre les sexes concernent davantage :

  • Les caractéristiques des attaques (force, vélocité).
  • Le contexte (domestique ou public).
  • Et la relation avec les victimes.

Plutôt que la capacité ou la propension fondamentale à perpétrer ces actes.

Si les données montrent une tendance majoritaire, affirmer que les agresseurs au couteau sont toujours des hommes serait une simplification excessive.

Ce que disent les preuves scientifiques sur ces agresseurs

La recherche en criminologie et en sociologie se penche depuis longtemps sur les liens entre genre et comportements violents.

Plusieurs constats émergent :

  • De manière générale, les études mondiales sur la criminalité violente indiquent une surreprésentation des personnes de sexe masculin parmi les auteurs.

Cela inclut :

  • Les homicides.
  • Les voies de fait graves.
  • Et les agressions armées.

Des facteurs socio-culturels (éducation différenciée, normes de masculinité...), biologiques (même si leur poids est débattu) et psychologiques sont souvent avancés pour expliquer cette tendance observée dans de nombreuses sociétés.

L’usage de couteaux selon les contextes d’agression

Concernant spécifiquement l'utilisation d'instruments lors d'une agression, les recherches montrent également des différences.

Les individus masculins ont statistiquement plus recours à des armes létales, incluant les objets perforants ou coupants, comme les couteaux, comparativement aux individus de sexe féminin.

Par exemple, des analyses d'homicides montrent que lorsque l'auteur est un homme, l'utilisation d'une arme blanche (quelle qu'elle soit) est fréquente.

Les études soulignent aussi que les contextes dans lesquels la violence s'exprime peuvent varier selon le sexe.

La violence commise par les femmes, y compris celle impliquant un objet blessant, survient plus souvent dans la sphère privée ou familiale (en réponse à des violences subies), bien que cela ne soit pas une règle absolue.

L'éclairage des statistiques sur la criminalité des objets tranchants

Les statistiques récentes remettent en question l'idée que la violence armée serait exclusivement masculine.

Une revue systématique de 2020 portant sur les facteurs de risque associés à la criminalité impliquant des objets tranchants au Royaume-Uni chez les jeunes de 10 à 24 ans a révélé un résultat surprenant :

  • « aucune association n'a été trouvée entre le sexe ou l'ethnicité et la violence chez les jeunes, contrairement à la compréhension actuelle montrée dans les médias ».

Cette découverte sociologique contredit directement la perception commune et met en lumière l'écart entre les représentations médiatiques et la réalité empirique.

Cependant, il est important de noter que d'autres études montrent des variations statistiques significatives.

Au Royaume-Uni, les données indiquent que 24 % des garçons de 16 ans déclarent porter des objets tranchants ou d'autres armes, bien que ces études ne fournissent pas toujours des comparaisons directes avec la population féminine du même âge.

La nature des incidents varie également selon le genre. Les recherches suggèrent que les attaques perpétrées par des femmes présentent souvent des caractéristiques distinctes, notamment en termes de relation avec la victime, de choix d'arme et de contexte.

Dans le cadre d'homicides domestiques multiples, les femmes utilisant des lames ciblent plus fréquemment des membres de leur famille proche, révélant des dynamiques interpersonnelles différentes.

Des variations de violence selon les pays ?

Si la tendance générale d'une surreprésentation masculine parmi les auteurs de violence avec objets tranchants est quasi universelle, des nuances existent :

Taux de criminalité globaux :

  • Les taux de violence varient énormément d'un pays à l'autre, influencés par des facteurs économiques, sociaux, légaux (port d'armes) et culturels.
  • Un pays avec un faible taux de violence générale aura mécaniquement moins d'incidents de ce type, pour les deux sexes.

Normes culturelles :

  • La manière dont les rôles entre les hommes et les femmes sont définis et la tolérance sociale envers la violence peuvent influencer les statistiques.
  • Dans certaines cultures, la résolution violente des conflits pourrait être plus ou moins marquée pour l'un ou l'autre sexe.

Fiabilité des données :

  • La qualité et la précision de la collecte de données statistiques varient d'un pays à l'autre.
  • Certains pays pourraient moins bien enregistrer le type d'arme utilisé ou le genre de l'auteur, rendant les comparaisons internationales délicates.

Cependant, les études comparatives (comme celles de l'ONU sur les homicides) confirment la tendance globale malgré ces variations locales.

Conclusion

Alors, les personnes commettant des actes violents avec une lame sont-elles toujours des individus des hommes ?

La réponse, appuyée par la science et les chiffres, est clairement non.

S'il est indéniable que les individus masculins sont statistiquement très largement majoritaires parmi les auteurs de ce type de violence à travers le monde, une part non-négligeable de ces actes est commise par des femmes.

Affirmer une exclusivité masculine relève donc du stéréotype et masque une partie de la réalité.

Comprendre ce phénomène demande d'analyser les données fiables, de considérer les contextes variés et d'éviter les généralisations hâtives basées sur des préjugés.

La prévention efficace de la violence, quelle que soit sa forme, passe par une connaissance précise et nuancée de ses auteurs et de ses mécanismes.


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